Le programme demeure. Le roi Charles III et son épouse la reine Camilla ont maintenu ce lundi leur première visite d’État aux États-Unis, malgré la fusillade survenue devant la salle de bal de l’hôtel Washington Hilton.

« À la suite de discussions menées de part et d’autre de l’Atlantique tout au long de la journée, et suivant les recommandations du gouvernement, nous confirmons que la visite d’État de Leurs Majestés se déroulera comme prévu », a déclaré un porte-parole du palais de Buckingham dans un communiqué. « Le Roi et la Reine sont très reconnaissants envers tous ceux qui ont œuvré sans relâche pour que cela reste ainsi et se réjouissent du début de la visite demain. »

Ce voyage marque la première visite de Charles aux États-Unis depuis 2018, année où il avait assisté aux funérailles nationales de l’ancien président George H.W. Bush. C’est sa première en tant que successeur de sa mère, la reine Elizabeth II.

« Très courageux »

L’ambassadeur britannique aux États-Unis, Christian Turner, a parlé dimanche d’un « immense enthousiasme » du président américain pour cette visite, par laquelle Donald Trump rend aussi la politesse après avoir été reçu avec un faste qu’il adore au Royaume-Uni en septembre dernier. « C’est un mec super », a dit Donald Trump du roi dans un entretien avec Fox News dimanche. Il « est très courageux », a-t-il jugé à propos du souverain, soigné pour un cancer, « il représente son pays comme personne d’autre ne peut le faire. » Le président républicain entretient des relations exécrables avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, qui n’est pas convié.

Si de légers ajustements peuvent être apportés à l’agenda de ce voyage, rien de fondamental ne sera modifié. Le roi et la reine doivent arriver lundi en milieu de journée, dans un cœur de capitale fédérale pavoisé de drapeaux britanniques et américains. Après le thé, Donald et Melania Trump leur feront visiter les ruches de la Maison Blanche. Une « garden-party » toute royale conclura l’après-midi, partagée par des personnalités liées aux deux pays.

Garden-party, ruches, discours au Congrès

Mardi, la journée la plus protocolaire du voyage commencera par une cérémonie d’accueil militaire. Donald Trump et Charles III auront un entretien dans le Bureau ovale, tandis que leurs épouses participeront à un événement consacré à l’éducation et à l’intelligence artificielle. En fin de journée, le souverain britannique prononcera un discours devant le Congrès américain, le premier depuis Elizabeth II en 1991. Il devrait relativiser la tension diplomatique actuelle en invoquant la relation de deux siècles et demi, avec ses hauts et ses bas, entre le Royaume-Uni et son ancienne colonie, « l’histoire partagée, les sacrifices partagés et les valeurs communes » des deux pays, selon Christian Turner.

Les deux couples se retrouveront en soirée pour un dîner de gala en comité assez restreint dans une salle de réception de la Maison Blanche. C’est là que Donald Trump prononcera un discours qui sera aussi scruté que celui de son invité au Capitole.

Les souverains britanniques feront ensuite étape à New York pour des événements célébrant le 250e anniversaire de l’Amérique. Ils se rendront au Mémorial des attentats du 11-Septembre. Ils verront Melania et Donald Trump une dernière fois jeudi, avant leur voyage retour, vers les Bermudes, territoire britannique qu’ils quitteront le 2 mai.

Les proches de Virginia Giuffre ont organisé une veillée

La famille de Virginia Giuffre, principale accusatrice de Jeffrey Epstein décédée en avril 2025, avait appelé le roi à rencontrer des victimes du criminel sexuel à l’occasion de sa visite. Charles III est confronté aux répercussions de l’affaire, qui ont conduit en février à l’arrestation de son frère Andrew Mountbatten-Windsor, soupçonné en plus de sa déchéance d’avoir transmis des informations confidentielles au pédocriminel à qui il n’a jamais retiré son amitié.

Dimanche, la famille a organisé une veillée pour le premier anniversaire de la mort de Virginia Giuffre à près du Washington Monument. Une centaine de personnes était présente. L’avocate de la jeune femme, qui avait passé un accord financier avec Andrew, a réitéré ses appels à ce que le roi rencontre les survivants d’Epstein, affirmant qu’il s’agissait d’une « occasion manquée ». Sigrid McCawley a dit « comprendre » les inquiétudes du roi quant au risque de compromettre toute procédure judiciaire en organisant une réunion, mais, a-t-elle dit, les victimes auraient compris s’il les avait écoutées sans prononcer un mot. « Tout ce que nous demandons, c’est une rencontre de 10 minutes avec le roi pour lui montrer que nous sommes des personnes réelles, avec de vrais sentiments », a fait valoir Sky Roberts, le frère de Virginia.