Selon le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc, «on va voir l’augmentation dans 6 mois» des prix dans les rayons.
L’inflation dans les supermarchés ne s’arrêtera pas de sitôt : c’est, en substance, le message qu’est venu transmettre Michel-Édouard Leclerc ce lundi matin. Interrogé sur TF1, le distributeur est revenu sur le contexte de tensions avec l’Iran qui fragilise les marchés pétroliers et les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’occasion de s’exprimer sur les craintes de flambée des prix et de pénurie de carburants, ravivées par plusieurs déclarations ce week-end.
Face à la perspective de hausses de prix, les consommateurs modifient déjà leurs comportements, par exemple en délaissant les produits bio ou haut de gamme, au profit des marques distributeurs, moins chères. «Je me contente de vendre au moins cher possible», note l’homme d’affaires, qui appelle à se mettre «intellectuellement en économie de guerre», par anticipation d’éventuelles difficultés à venir.
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Les produits d’épicerie sèche ou autres produits qui se conservent bien actuellement en rayon ont été achetés avant le début du conflit au Moyen-Orient, a rappelé Michel-Édouard Leclerc. Les prix affichés ne reflètent donc pas encore les coûts actuels. Mais les prix des transports et des emballages, étroitement liés à la pétrochimie, s’intègrent déjà dans les nouvelles commandes. Selon le président du comité stratégique des magasins E.Leclerc, ainsi, «on va voir l’augmentation dans 6 mois» des prix dans les rayons.
Si des renégociations commerciales devaient s’ouvrir, les industriels manquant d’emballages en stock seraient contraints de répercuter ces surcoûts. Si le distributeur a indiqué ne pas avoir l’intention de rouvrir les contrats déjà conclus, des clauses le permettent si nécessaire.
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Sur les marges carburant, Leclerc se défend
Michel-Édouard Leclerc est également revenu sur les craintes liées aux carburants engendrées par le conflit, notant qu’il n’y a «pas de signe de pénurie» en vue pour E.Leclerc. Alors qu’un document de travail gouvernemental accusait certains distributeurs de réaliser de larges marges sur les carburants, le représentant balaie l’affaire d’un revers de main : «Ni E.Leclerc ni Système U ne sont cités dans ce texte», contrairement à d’autres concurrents.
Le distributeur a également critiqué le document de travail dévoilé dans la presse, taclant au passage les médias qui l’ont révélé en estimant avoir trouvé «le Graal». Il a, par ailleurs, prudemment précisé qu’il ne ferait plus de pronostics sur la baisse des prix dans ses stations, en raison de l’instabilité et de l’évolution constante de la situation en Iran comme dans le détroit d’Ormuz.