Une nouvelle attestation de l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy vient fragiliser la défense de l'ancien président de la République. Tous deux avaient été condamnés en première instance à des peines de prison dans le cadre de l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

L'ancien bras droit attaque une nouvelle fois Nicolas Sarkozy. Dans une nouvelle attestation de Claude Guéant, en date de ce dimanche 26 avril et qu'il a fait parvenir à la cour d'appel de Paris, l'ex-secrétaire de l'Élysée enfonce le clou et creuse un peu plus le fossé qui le sépare désormais l'ancien président de la République.

Alors que le procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy se poursuit, ce dernier fait part de ses remarques, à la suite des questions du tribunal concernant sa première attestation versée mi-avril qui avait provoqué un coup de théâtre, et concernant les réponses à l'audience de Nicolas Sarkozy.

"Je m'insurge contre son démenti"

Au quatrième jour d'interrogatoire de l'ancien président de la République au procès en appel sur le financement libyen de sa campagne de 2007, une lettre de Claude Guéant avait en effet été portée à la connaissance de la cour d'appel dans laquelle l'ancien secrétaire général de l'Élysée dit son "écœurement" concernant les propos tenus par Nicolas Sarkozy à son égard.

"Je dois dire que, malgré ses facultés de mémoire exceptionnelles (il se dit volontiers hypermnésique), Nicolas Sarkozy se trompe", peut-on lire au sujet de la date de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. Mais cela va plus loin que de simples dates.

"Nicolas Sarkozy dément aussi de façon formelle m'avoir appelé à sa table du dîner du 25 juillet 2007 à Tripoli pour entendre Kadhafi répéter sa préoccupation concernant le mandat d'arrêt international de son beau-frère Senoussi. Je suis désolé de dire que là encore Nicolas Sarkozy se trompe. Je m'insurge contre son démenti. (...)", assure Claude Guéant.

"C'est à ce moment-là qu'il m'a dit: 'Claude, voyez cela'"

Dans cette attestation, Claude Guéant, absent de ce procès pour raisons médicales, précise qu'il est catégorique sur la nature de cet échange datant du 25 juillet 2007.

"Au cours de ce dîner officiel, je maintiens que Nicolas Sarkozy m'a appelé pour entendre la préoccupation que venait de lui exprimer Kadhafi, à savoir son souhait de voir lever le mandat d'arrêt de Senoussi. Et c'est à ce moment-là qu'il m'a dit: 'Claude, voyez cela'", assure le concerné.

L'ex-secrétaire général de l'Élysée développe ensuite la manière dont il a traité ce dossier Senoussi. "En septembre 2005, j'ai eu avec Senoussi ce malheureux dîner (...) À mon retour, j'ai fait un point de la situation judiciaire de Senoussi. Il m'a été indiqué de façon nette qu'il n'y avait aucune procédure permettant de lever le mandat d'arrêt, et que la seule solution était que Senoussi se présente à la justice française et demande la révision de son procès. Fort de cette information, j'ai laissé la question en suspens", déclare Claude Guéant.

Ce dernier précise que Ziad Takieddine s'est régulièrement manifesté sur le dossier. "Il suggérait une intervention auprès du parquet, que bien entendu je n'ai pas faite".

Enfin, Claude Guéant confirme ce qu'il a écrit dans sa première attestation du 11 avril dernier. Il n'a pas le souvenir d'avoir parlé de sa rencontre avec Senoussi et avait ajouté que la seule chose dont il était sûr, c'est qu'il ne lui en avait pas rendu compte immédiatement. "Je confirme ce que j'ai déjà écrit. Je n'ai pas le souvenir de lui en avoir parlé".

Cette nouvelle attestation sera sans doute au cœur des débats et de l'interrogatoire croisé de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux ce mercredi 29 avril. En attendant, c'est le cas d'Alexandre Djouhri qui est examiné ce jour devant la cour d'appel.