Depuis avril, un million de clients d’une compagnie polonaise de cryptomonnaies sont dans l’incapacité de récupérer leur argent. Le PDG a disparu et le préjudice dépasse déjà 83 millions d’euros.
Zondacrypto, une compagnie polonaise de cryptomonnaies, est au cœur d’un scandale. Il s’agit d’une plateforme d’échange en ligne donnant accès à l’achat et à la conversion de cryptomonnaies, telles que le Bitcoin ou l’Ethereum. Depuis avril 2026, de nombreux clients ne parviennent plus à récupérer leur argent. Les fonds sont bloqués, et le retrait impossible. À ce jour, on estime qu’un million de personnes se trouvent affectées, rapporte Courrier International .
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Varsovie a lancé une enquête judiciaire contre la plateforme, suspectée de blanchiment d’argent et de fraude. D’après l’AFP, «le montant global du préjudice dû aux difficultés de Zondacrypto s’élève à au moins 350 millions de zlotys, soit presque 83 millions d’euros». Et ce chiffre continue d’augmenter, tout comme le nombre de victimes.
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Le PDG de l’entreprise a fui en Israël
Au début du mois, les utilisateurs ont été rassurés par le PDG de l’entreprise. En effet, ce dernier leur a assuré que les «problèmes techniques» liés aux liquidités seraient résolus sous peu. Mais malgré ses promesses, le PDG Przemyslaw Kral a fui l’Europe le 17 avril pour s’installer en Israël, où il possède également la nationalité, selon le site d’information polonais Onet.
Przemyslaw Kral affirmait pourtant que Zondacrypto possède une réserve de 4500 bitcoins (près de 300 millions d’euros) stockée dans un portefeuille froid, c’est-à-dire de la cryptomonnaie stockée hors ligne. Mais les clés privées permettant d’accéder à ces fonds seraient détenues par son prédécesseur, Sylwester Suszek, déclare pour sa défense l’actuel patron, cité par Onet . Or, selon l’AFP ce dernier a disparu en 2022, sans laisser de traces.
«Démissionner sans tarder»
À l’origine, Zondacrypto avait tout fait pour paraître sérieuse et respectable, explique l’hebdomadaire Polityka. Elle proposait des publicités avec des sportifs et acteurs célèbres, sponsorisait des clubs de football polonais, et était même le sponsor officiel du Comité olympique polonais depuis octobre 2025. Les utilisateurs lui faisaient confiance, et les sportifs polonais médaillés aux Jeux olympiques d’hiver aussi. Ils devaient recevoir leurs primes en cryptomonnaies, mais n’ont finalement jamais été payés. Depuis ce scandale, 51 fédérations sportives polonaises se sont réunies et ont toutes appelé Radoslaw Piesiewicz, le patron du Comité olympique polonais, à «démissionner sans tarder», raconte l’AFP. C’est en effet lui qui a signé le contrat entre le Comité olympique et Zondacrypto.
Mais le scandale prend aussi une tournure politique. Le premier ministre polonais Donald Tusk accuse Zondacrypto d’avoir des liens avec la mafia russe et les services secrets russes, explique l’AFP. La société a également financé des partis et fondations nationalistes et d’extrême droite en Pologne. En 2025, elle a sponsorisé le CPAC, un grand événement de la droite américaine organisé dans le pays européen, et acheté des espaces publicitaires sur Telewizja Republika, une chaîne proche du parti polonais nationaliste et conservateur, PiS. Le 17 avril, des députés de la droite polonaise ont d’ailleurs refusé de voter une loi au parlement, visant à encadrer et contrôler davantage les sociétés de cryptomonnaies en Pologne.