Le président du parti Renaissance, pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2027, appelle notamment à effectuer une immigration plus contrôlée.
Des appels de phare de plus en plus clairs. L’ancien premier ministre Gabriel Attal, qui appartient plutôt à l’aile gauche du bloc central, multiplie les signaux vers la droite et les références à celui qui le fascine, Nicolas Sarkozy. S’il reprend à son compte le «travailler plus pour gagner plus» de l’ancien président, il a aussi durci le ton ce lundi matin sur l’immigration. «Je souhaite qu’on assume une préférence travail», a-t-il lancé sur Europe 1/CNEWS.
À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro Politique avec Yves Thréard
«Je n’ai pas les mêmes propositions que le gouvernement espagnol», a fait savoir le président de Renaissance, tandis que le premier ministre Pedro Sánchez a annoncé vouloir régulariser 500.000 sans papiers. «Il faut restreindre les autres motifs de l’immigration, notamment le regroupement familial, au profit de l’immigration par le travail», a assuré Gabriel Attal, dont la candidature à la présidentielle ne fait plus l’ombre d’un doute. Sur le regroupement familial, il se dit favorable à «l’augmentation de la durée de résidence», actuellement fixée à 18 mois. Et de poursuivre : «Sur les conditions pour la maîtrise du français et le respect à des valeurs de la République, il faut probablement aller plus loin aussi».
Publicité
Un permis à points
Celui qui vient de publier En homme libre (L’observatoire), dans lequel il s’attarde sur sa vie privée et la dissolution, plaide pour «définir les besoins économiques en matière d’immigration via les partenaires sociaux», puis de transférer ces besoins au Parlement, «qui vote des quotas par secteurs d’activité». Gabriel Attal veut «importer» le système canadien du permis à points. «Une personne qui souhaite avoir une régularisation, elle doit remplir un certain nombre de critères, ça lui donne des points. Si elle a le nombre de points suffisants, elle peut bénéficier d’une régularisation», a-t-il expliqué. Et d’arguer : «On a besoin d’une part d’immigration».
Contrairement au président des Républicains, Bruno Retailleau, en course depuis février, qui plaide pour une révision de la Constitution pour restreindre l’immigration, l’ancien locataire de Matignon n’y est pas favorable : «Je ne crois pas qu’il y ait besoin de sortir de traités ou de réformer le Conseil constitutionnel et la Constitution».
Gabriel Attal consacre la première partie de son ouvrage à la liberté. Salué par la droite pour avoir interdit l’abaya lors de son entrée en fonction comme ministre de l’Éducation nationale, l’ancien premier ministre martèle son opposition au port du voile des mineures. «Personne ne peut croire qu’une fillette fait le choix de se voiler, c’est évidemment quelque chose qui lui est imposé», a-t-il souligné.