Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA doit être lancé début septembre, avec environ huit mois d’avance sur le calendrier initial, et malgré des tentatives passées de réduction de son financement. Mis en orbite par une fusée Falcon Heavy de SpaceX, il offrira des capacités inédites, avec un champ de vision plus de 100 fois supérieur à celui de Hubble.
Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA s’apprête à être lancé avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier initial, malgré les tentatives répétées de l'administration Trump de réduire son financement. L’agence vise désormais un décollage début septembre, soit environ huit mois plus tôt que prévu. L’engin, qui sera mis en orbite par une fusée Falcon Heavy de SpaceX, promet des capacités inédites, avec un champ de vision plus de 100 fois supérieur à celui du télescope spatial Hubble, lancé en avril 1990.
"Roman offrira à la Terre un nouvel atlas de l’univers", a déclaré Jared Isaacman, administrateur de la NASA depuis décembre 2025, lors d’une conférence de presse au Centre de vol spatial Goddard. Derrière lui, le télescope achevé (plus de 12,8 m de haut et 4,3 m de large) trônait dans une immense salle blanche.
"Ce qui prendrait 2 000 ans à Hubble, Roman peut le faire en un an", a ajouté Jared Isaacman. Doté d’un miroir de taille équivalente à celui de son prédécesseur, mais d’un champ de vision bien plus large, "Roman" produira des images si vastes qu’aucun écran actuel ne peut en afficher la pleine résolution."
Au-delà de la prouesse technologique, les attentes scientifiques sont immenses. Nicola Fox, administratrice adjointe de la Direction des missions scientifiques de la NASA, a rappelé que quelque 6.000 exoplanètes ont été identifiées à ce jour, mais que le nouveau télescope Roman (du nom de l'une des premières femmes de la NASA, très impliquée dans la conception de Hubble) pourrait en découvrir des dizaines de milliers supplémentaires au cours de sa mission de cinq ans, tout en cartographiant des milliards de galaxies et des dizaines de milliards d’étoiles.
La dernière mission de ce type?
Surtout, l’instrument nourrit l’espoir de répondre à certaines des grandes énigmes de l’univers. La mission principale du télescope s’étendra sur cinq ans, durant lesquels il devrait renvoyer près de 20.000 téraoctets de données vers la Terre. Les scientifiques pourront ainsi analyser un volume colossal d’observations, incluant possiblement "jusqu’à 100.000 exoplanètes, des centaines de millions de galaxies et des milliards d’étoiles".
Ces images publiées par la NASA le 19 octobre 2022 montrent les Piliers de la Création se détachant dans un kaléidoscope de couleurs sur la vue en proche infrarouge prise par le télescope spatial James Webb de la NASA (à droite), comparée à la vue plus large prise par le télescope spatial Hubble en lumière visible en 2014 (à gauche). © SPACE TELESCOPE SCIENCE INSTITUT / NASA/ESA/CSA / AFP
Une véritable manne pour la recherche, d’autant plus que le lancement anticipé du télescope constitue un signal rassurant pour la communauté scientifique. Mais derrière cet optimisme, des inquiétudes persistent. Certains redoutent que Roman ne soit la dernière grande mission de la NASA, alors que l’agence fait face à des contraintes budgétaires croissantes. Entre plafonnement des coûts, nouvelles tentatives de réduction des financements et incertitudes politiques, la planification des projets à venir, comme un observatoire capable d’imager des mondes habitables, devient de plus en plus complexe.