Graphique à l'appui, et dossier de presse distribué aux journalistes, Hadizadeh a de nouveau fustigé les méthodes du rapporteur Charles Alloncle, dignes, selon elle de « propos d’un inquisiteur mais pas d’un rapporteur ». Lequel, a-t-elle assénée, a posé à 15 reprises la question « Condamnez vous ?» aux auditionnés.
Et ce que alors que la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun Pivet, selon l'élue socialiste, s’est d'ores et déjà « engagée à ce que l'entièreté des vidéos et des comptes rendus restent sur le site de l’Assemblée ».
Autrement dit, que les membres de la commission procèdent en début d'après midi à deux votes, a clarifié Ayda Hadizadeh : un premier sur l'approbation, et donc la publication du rapport « tel quel », puis un second sur l'approbation et donc la publication « des recommandations du rapporteur » Charles Alloncle (UDR).
En conférence de presse ce lundi midi, les députés socialistes de la commission ont tenu à clarifier leur position, en appelant à ce que soient dissociés le rapport et les préconisations formulées par le rapporteur Charles Alloncle (UDR).
Après les socialistes (midi) et les insoumis (13 heures), les écologistes ont prévu d'expliquer leur position de vote à 13h30 à l'Assemblée nationale. Soit une heure avant la consultation des députés membres de la commission d'enquête sur l'audiovisuel sur le rapport de Charles Alloncle (UDR).
« La semaine qui précède le vote sur un rapport est dédiée à sa finalisation et à sa consultation et exige par conséquent un devoir de réserve de l’ensemble des membres de la commission d’enquête », l’a tancé ce samedi le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, dans un communiqué.
Une règle à laquelle Alloncle se plie officiellement — il a ainsi annulé sa participation à une matinale à la radio en fin de semaine, faute de pouvoir encore entrer dans le détail des mesures qu’il préconise —, mais qui ne l’empêche pas de faire entendre sa petite musique.
La multiplication des sorties médiatiques de Charles Alloncle, qui a fait la une, le 22 avril, du JDNews, un hebdomadaire de la galaxie Bolloré, avant de participer ce samedi à une table ronde organisée par l’élu RN Jean-Philippe Tanguy sur « les gabegies » du service public, notamment à France Télévisions, n’a pas été du goût de certains de ses collègues. D’autant que son rapport est censé rester strictement confidentiel jusqu’au 4 mai.
« On a dit que je voulais la fin du Tour de France, la fin des Six Nations et de Roland-Garros sur le service public. Je dis tout l’inverse sur mon rapport », a notamment lancé Charles Alloncle. Ce proche d’Éric Ciotti suggère cependant de réduire d’un tiers le budget des sports de France Télévisions.
Sur RMC ce lundi matin , quelques heures avant le vote des membres de la commission, le député UDR Charles Alloncle a affirmé que certains de ses collègues « préparent la censure » de son rapport en faisant « circuler de fausses informations » sur son contenu.
Alors que faire ? Refuser la publication du rapport offrira un boulevard à Charles Alloncle pour se plaindre d’une censure. L’accepter, c’est mettre le sceau de l’Assemblée nationale sur ce travail. La pression est grande. Une campagne publicitaire a été lancée sur les réseaux sociaux pour anticiper le scandale que représenterait une non-publication. Des élus reçoivent même des courriels pour les appeler à ne pas censurer le rapport. « On a une pression énorme », assure un député. Un casse-tête compliqué pour de nombreux parlementaires .
Certains élus ayant eu accès au rapport Alloncle avant le vote de ce lundi en sont ressortis pour le moins embarrassés. Toutes les deux pages, il y a des dingueries, se désole une élue de gauche. Ce n’est pas seulement la lettre qui ne va pas, c’est l’esprit : mentir, insinuer, grossir le trait. » Un député centriste abonde. « Je plains les administrateurs qui ont dû en chier lorsqu’ils ont récupéré ce rapport. J’ai rarement vu un truc aussi souillon. La pagination est mal faite, les titres aussi, ce n’est pas un rapport digne de l’Assemblée nationale. »
LFI fera de même à 13 heures avec un point durant lequel les Insoumis expliqueront la « position de vote retenue ».
Une conférence de presse des socialistes aura lieu à midi, avec Ayda Hadizadeh, députée du Val d’Oise et membre de la commission d’enquête, et Boris Vallaud, président du groupe PS.
Avant même le vote à 14h30, et alors que Charles Alloncle s'est exprimé lui-même sur RMC ce lundi matin, les élus de gauche ont prévu de prendre la parole dès l'heure du déjeuner.
Qui sont les 31 députés appelés à voter ?
Conformément au règlement de l'Assemblée, seuls les 31 députés membres de la commission d'enquête, qui ont eu accès au rapport, pourront voter (à la majorité simple) en faveur ou non de sa publication. Parmi les concernés : six députés RN, cinq du groupe Renaissance, quatre socialistes et quatre insoumis. Tandis que les groupes LR, Horizons, Ecologistes et Modem pourront de leur côté compter sur la présence de deux députés.
Si certains comme le RN devraient donner leur feu vert à la publication de ce rapport, devenu tant éruptif, d'autres comme le PS et LFI prévoient de clarifier leur position en conférence de presse dans la matinée. En témoignent les hésitations du président du groupe PS Boris Vallaud, ce lundi matin sur Télématin : « Nous prendrons ce matin, avec les parlementaires membres de la commission, la décision de voter ou non la publication ».