Ce n’est pas parce que la saison de chasse est achevée que les chasseurs n’y pensent plus. Ni les chasseuses d’ailleurs qui viennent de se structurer dans les Pyrénées-Orientales en une association, les Dianes du Canigou, en référence à la déesse de la chasse. Elles sont 16 à avoir intégré l’association, 16 femmes de tous âges et de tous les secteurs ou presque, chasseuses émérites ou récentes.
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Pourquoi donc une association ? « Parce que la chasse, c’est d’abord le partage », explique Justine Marcoux, 36 ans, qui chasse depuis trois ans dans une battue à Montner. Et toutes disent aussi que la chasse c’est un « moment à soi » qui permet de se retrouver, de s’extraire du quotidien. Même s’il n’est pas toujours simple de combiner sa passion, comme toute passion, avec son emploi du temps personnel, les enfants, la famille… « Alors quand on ne s’est pas vues plus d’un mois, on a hâte », reconnaît Stéphanie Simonet qui chasse, elle, dans la battue d’Ayguetebia, en Haut-Conflent.
« Quand il faut, nous nous imposons »
Fin février, alors que le soleil donnait un air de printemps à nul autre pareil, elles sont allées chasser au-dessus de Serdinya le samedi et le dimanche à Pézilla-de-Conflent. Dans deux ambiances et paysages différents. « Nous sommes toujours bien reçues, avec beaucoup de bienveillance par les chasseurs. Ils font attention à nous », ajoute Stéphanie.
Même sans misogynie ou machisme ? « Ce serait faux de dire qu’il n’y a pas parfois un mot ou un autre, mais c’est rare et quand il faut, nous nous imposons », explique Céline Dauliach, 36 ans, qui chasse depuis trois ans dans une battue du haut Vallespir à Corsavy. « Quand c’est l’heure de peler ou de découper les animaux, il n’y a pas de raisons que nous n’y participions pas ! Et les hommes disent parfois que la présence des femmes adoucit le côté masculin de la chasse. »
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Les filles de l’association sont régulièrement invitées à « sortir de leur battue » pour rejoindre d’autres chasseurs. Elles ont pris la route pour aller jusqu’en Corse, dans les Landes, en Gironde. « C’est l’occasion de découvrir de nouvelles façons de chasser, des ambiances différentes. » Là encore, il faut calculer le budget, trouver le trou de souris dans l’emploi du temps, mais le jeu en vaut la chandelle. « À chaque fois on apprend plein de choses nouvelles, des traditions, des histoires, et nous partageons les nôtres », ajoute Justine.
Toutes sont adeptes de chasse au grand gibier, des sangliers aux cervidés. Mais elles aimeraient aussi découvrir la chasse à courre, celle à la palombe… La toute jeune association promet de grandir avec de nouvelles adhésions attendues pour la prochaine saison à l’automne 2026 et compte s’impliquer pleinement dans la vie de la chasse.