Le restaurant Seven Times de Vaulx-en-Velin, qui avait fait polémique en décembre dernier en proposant une salle réservée aux femmes, a été fermé par les services de la préfecture pour de nombreuses infractions aux règles d’hygiène.

Le restaurant Seven Times, situé à Vaulx-en-Velin, avait créé la polémique en décembre dernier en proposant une salle « 100% femmes ». La préfecture a annoncé, vendredi, la fermeture de l’établissement pour raison d’hygiène. Selon l’arrêté préfectoral et à la suite d’un contrôle réalisé le 20 avril par deux agents de la direction départementale de la protection des populations du Rhône (DDPP), « la présence de nuisibles volants morts (moucheron) » a été constatée sur place ainsi « qu’un risque d’insalubrité par contamination chimique », qu’un « défaut caractérisé de maintenance et de nettoyage des locaux de production et de stockage » et de « mauvaises conditions de stockage et de conservation des matières premières et denrées travaillées, une détention de denrées à des températures non conforme et une traçabilité incomplète des matières premières ».

L’établissement ne pourra rouvrir qu’à condition de se remettre en conformité avec les règles d’hygiène et de sécurité et de mettre en place une quarantaine de mesures correctives.

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Des contrôles multipliés par trois

Sur ses réseaux sociaux, Seven Times estime être pris pour cible en raison de son concept. « Quand un restaurant fait parler de lui pour son concept, son identité ou sa clientèle, il devient aussitôt plus qu’un simple commerce : il devient un symbole. Et lorsqu’un lieu devient un symbole, tout ce qui le concerne prend une dimension politique, médiatique, idéologique », a partagé le restaurant sur Instagram. Et d’ajouter : « Si des manquements sanitaires ont été constatés, ils doivent évidemment être sanctionnés. Les règles d’hygiène ne se discutent pas et doivent s’appliquer à tous, sans exception. Mais une question demeure : tous les établissements contrôlés avec des irrégularités font-ils la une des journaux ? (…) Le problème n’est pas le contrôle. Le problème, c’est parfois la sélection des indignations. »

Depuis deux ans maintenant, le nombre de contrôles d’hygiène dans les établissements du département du Rhône a explosé sous l’impulsion de la préfecture et de la DDPP. « Jusqu’ici, dans le Rhône, les établissements de remise directe (aux consommateurs) étaient contrôlés une fois tous les dix ans. Là, on vise un contrôle en moyenne tous les trois ans », confiait début 2024 au Figaro Valérie Le Bourg, directrice de la DDPP du Rhône. Une multiplication par trois des inspections qui a touché de très nombreux établissements, allant du fast-food aux traiteurs huppés.

À la suite de la polémique sur sa salle réservée aux femmes, le restaurant Seven Times avait réfuté toute volonté de séparatisme. « Ce sont 20 mètres carrés sur 400 où les femmes peuvent se retrouver ensemble pour fêter des anniversaires ou des remises de diplômes. On est très loin du communautarisme, chacun vient comme il est et s’assoit où il veut », avait-il justifié. Le député RN Jérôme Buisson avait lui dénoncé un séparatisme inadmissible et illégal en interpellant la préfète du Rhône, Fabienne Buccio.