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TRIBUNE - L’écrivain franco-algérien, récemment libéré de prison, a déclaré ce week-end envisager de quitter la France à cause des attaques d’une « poignée d’oligarques de la pensée ». L’ancien premier ministre lui apporte son soutien au nom de la longue tradition française de la liberté de penser.
Il y a des moments où la clarté s’impose. Où les arguties, les prudences rhétoriques et les équilibres de façade doivent céder la place à une évidence morale simple : un homme a été injustement emprisonné, et cela ne peut pas être accepté. Boualem Sansal est cet homme.
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Écrivain algérien de génie, voix libre et fracassante, auteur du Serment des barbares, de 2084 - ce roman visionnaire qui ausculte avec une acuité glaçante les totalitarismes religieux -, il a croupi dans une prison algérienne pendant de longs mois.
Son crime ? Avoir pensé librement. Avoir écrit sans permission. Avoir dit, dans une langue française magnifique et charnelle, des vérités que le pouvoir algérien ne supporte pas d’entendre. J’aime Boualem Sansal depuis que j’ai découvert sa langue puissante, foisonnante et sensuelle dans Le Serment des barbares. J’admire son courage et sa virulence contre les islamistes. Je goûte son goût de la provocation dans sa défense intransigeante de notre liberté. Je ne me lasse…