En mettant en avant le travail d’une brigade de l’Essonne, le premier youtubeur de France s’est attiré les critiques de plusieurs élus locaux, qui lui reprochent d’occulter les «violences policières».

Après avoir passé 48 heures avec Emmanuel Macron et 30 jours sans sucre, Tibo Inshape a tenté 24 heures avec une brigade anticriminalité de l’Essonne. Une immersion, condensée dans une vidéo de 25 minutes, qui a fait bondir quelques élus de la gauche locale. Ils lui reprochent d’adopter l’angle de vue de la police et de caricaturer la banlieue de Grigny. Dans «24H AVEC LA BAC!!», le trentenaire baraqué aux 27 millions d’abonnés sur YouTube suit une équipe dans ses interventions : fouille d’un véhicule, perquisition d’un domicile ou encore course-poursuite avec des dealers. Des séquences d’action, rythmées par une musique épique et entrecoupées par des discussions avec les policiers qui racontent leur quotidien.

Un reportage qui a agacé le maire écologiste de Grigny, Philippe Rio. «Grigny, ce n’est pas 24h avec la BAC», a-t-il écrit sur X. «C’est 28.000 habitants, une jeunesse qui ne lâche rien, des associations, des clubs, des talents.» Une façon de déplorer que le Youtubeur n’ait braqué le projecteur que sur la police et donc les problèmes de drogue et de délinquance de sa ville.

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LFI vent debout

Connu pour sa virulence, le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes a questionné sur X : «C’est quelle unité de la BAC ?», avant d’énumérer des affaires de violences policières dans lesquelles sont impliqués des policiers de l’Essonne. «Celle de Noisiel où 3 agents de la BAC sont renvoyés devant le tribunal correctionnel après avoir frappé deux hommes lors d’une intervention ? Celle de Nancy où 7 policiers ont été condamnés pour injures racistes. Ils traitaient leur collègue de ’bougnoule’ ?»

De son côté, Antoine Léaument, député de la 10e circonscription de l’Essonne dont dépend Grigny, a affirmé que «la vidéo à faire, c’est "24h avec les jeunes de Grigny régulièrement victimes des insultes racistes et des violences gratuites de la BAC"».

Un pompier, militant à la CGT, a également raillé le contenu qui vise, selon lui, à «filmer des flics tabasser des gamins de banlieue avec le tonfa (bâton de défense utilisé par la police, NDLR), deux jours après la mort d’un homme à Sartrouville, percuté par une voiture de la BAC en pleine course-poursuite.» Ce dernier voit dans le travail du Youtubeur «une propagande au service des offensives sécuritaires et de l’extrême droite».

Cible régulière de la gauche

Si Tibo InShape n’a pas répondu à ces critiques spécifiques, il a retenu l’invitation du maire de Grigny, Philippe Rio, à passer «24 heures avec les Grignoises et les Grignois». «Bonjour, avec grand plaisir pour venir vous rencontrer. Pouvez-vous me contacter par email ? Merci à vous», a-t-il répondu sur X, soucieux de démontrer son ouverture d’esprit.

Tibo InShape tient le haut du pavé sur YouTube depuis une dizaine d’années, avec des contenus de fitness, des reportages immersifs et des prises de position face caméra. Il est régulièrement attaqué par la gauche qui le soupçonne d’avoir des sympathies d’extrême droite. En 2025, il avait déclenché une polémique après avoir affiché un drapeau tricolore dans sa salle de sport. «Je sais que je suis pas raciste, je sais que je suis pas homophobe, je sais que je suis pas tout ce qui finit en ’-phobe’ mais c’est vrai que les gens aiment bien me mettre cette image-là», avait-il affirmé dans une interview au média Brut.